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Tant de liens à tisser à Mouton Village

Dame Marianne

Par Dame Marianne

le mardi 11 juin 2013

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  • Tant de liens à tisser à Mouton Village

Vous êtes sûrement en train de penser « Tiens, après nous avoir parlé du loup, Dame Marianne va nous faire le coup de l’agneau ! » Détrompez-vous, braves gens, je n’ai nulle intention de faire ombrage à Messire de la Fontaine. Bien que j’affectionne ce charmant petit quadrupède, c’est la richesse qu’il porte sur son dos qui m’intéresse aujourd’hui.

 

Le parc Mouton Village présente une vingtaine de races d’ovins, élevés soit pour la qualité de leur viande, de leur lait ou de leur laine. Le Mouton Mérinos fait partie des ces derniers, par exemple.

 

mouton village et sa laine

Bienvenue à Mouton Village !

 

D’autres animaux, présents dans le parc, sont également fournisseurs de cette matière première très utilisée au Moyen-âge. Saurez-vous me citer lesquels ?

 

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre laine.

 

Pour se vêtir au Moyen-âge, donc, on utilisait bien entendu les matières que Dame Nature voulait bien nos offrir, telles que des fibres végétales comme le lin ou le chanvre ou bien encore l’ortie mais aussi des fibres d’origine animale comme la soie, les poils de divers animaux et notre susnommée laine.

 

« D’accord,  me direz vous, mais même à l’époque on n’enfilait pas la laine comme ça sur son dos, une fois le pauvre bestiau dépossédé de sa toison». C’est vrai et l’industrie de la laine représentait même un moteur important de l’économie médiévale. Je vais tenter de vous en expliquer les différentes étapes.

 

Au bain Marie ! (Marie est à la brebis ce que Marguerite est à la vache.)

 

Parfois, le mouton était directement plongé dans la rivière avant de le tondre même s’il est vrai que la pratique la plus courante restait le lavage après tonte à l’eau chaude.

Paradoxalement, après avoir débarrassé la laine de son « gras » on en protégeait les fibres avec du beurre ou du suif.

On la travaillait ensuite aux cardes, planches de bois munies de tiges métalliques très serrées, entre lesquelles on peignait une touffe de laine afin d’en séparer les fibres. Au départ, le chardon à foulon ou cardère remplace ces griffes de métal, d’où le nom de cardes.

Filer la laine, filer la laine des mes moutons dondaine !

 

Le filage se faisait à l’aide d’un fuseau ou d’un rouet, ce dernier, non transportable et à l’arrivée plus tardive,  était moins usité. Le fuseau permettait effectivement de filer sa laine debout, la quenouille sous le bras, en marchant ou en surveillant son troupeau de moutons. Il était aussi facile à fabriquer avec ce qu’on avait sous la main.  

Le fil était ensuite enroulé sur un aspi, cadre en bois qui permettait d’en mesurer la quantité fournie.

Le travail du filage, exclusivement féminin, apportait un modeste pécule au foyer.

 

Les guenilles, une affaire d’hommes.

 

A l’inverse du filage, le tissage était réservé aux hommes et se déroulait plutôt dans les villes. Le maniement du métier à tisser réquisitionnait au moins deux tisserands. Tout le commerce de la draperie était très réglementé, on ne plaisantait pas sur la qualité et bien sûr,  les étoffes de plus nobles factures étaient réservées aux bourses les plus fournies.

 

Les goûts et les couleurs se discutent.

 

Après le tissage, notre tissu subissait encore de nouveaux traitements. On le lissait pour en améliorer l’aspect et on le foulait aux pieds pour lui donner du corps

Arrivait finalement l’étape de la teinture qui pouvait intervenir plus rarement directement sur les écheveaux de laine. La laine conservait néanmoins parfois sa couleur naturelle selon l’utilisation que l’on voulait faire du tissu. L’intensité et le choix des couleurs dépendait, là encore, de la richesse de l’acheteur et de la mode du moment. Pour les teintures, la nature était derechef le meilleur fournisseur. On utilisait en grande partie des plantes tinctoriales, qui pouvaient être les mêmes que celles dont les vertus médicinales et gustatives était réputées.

Pour fixer ces couleurs on plongeait les tissus dans des bains de mordants, très polluants, oxyde de fer ou de cuivre, sulfate d’aluminium, alun et même urine, de préférence issue de la gent masculine, car plus acide dû à la quantité d’alcool ingurgitée par ces sieurs. Je vous laisse imaginer les effluves qui pouvaient émaner des ateliers de teinturerie !

 

Voilà  enfin notre tissu fin prêt à être exposé sur les étals des marchands et à revêtir nos belles dames et nos nobles seigneurs.

 

métier à tisser

Un métier à tisser

 

Pour ceux à qui ceci aura mis l’eau à la bouche ou des fourmis dans les doigts, l’Ecole de la Laine vous offre la possibilité de vous essayer à ces techniques. Cette association dont les locaux jouxtent le parking du parc, propose toute l’année des formations sur toute la filière de la laine, de la tonte du mouton au filage, grâce à un équipement des plus complets et à une équipe performante.


 

école de la laine deux sevres

Un aperçu de quelques activités de l’Ecole de la Laine
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