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Souvenirs explosifs : les lendemains du débarquement en Deux-Sèvres

Marie-Fanélie

Par Marie-Fanélie

le vendredi 06 juin 2014

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  • Souvenirs explosifs : les lendemains du débarquement en Deux-Sèvres

Le débarquement allié et les évènement de l'été 1944 en Deux-Sèvres

Il y a 70 ans était organisée, dans le plus grand secret, une opération militaire sans précédent, dont la réussite conditionnerait l'avenir de l'Europe et du monde et dont dépendrait l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Le 6 juin 1944, le débarquement des troupes alliées sur les plages de Normandie marquait le début des combats de la Libération, auxquels les troupes de la Résistance intérieure allaient bientôt prendre une part active sur l'ensemble du territoire. Partons ensemble à la découverte des évènements survenus dans les Deux-Sèvres.

 

6 juin 1944, le Jour J

Le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie, relayé par les ondes de la BBC, les réseaux d'information clandestins et le bouche-à-oreilles souffle un vent d'espoir en Deux-Sèvres et plus largement sur la France entière. On croit désormais fermement à une libération prochaine du territoire et les engagements dans les rangs de la Résistance se font alors bien plus importants. Nombreux sont ceux qui souhaitent prendre part aux combats qui se profilent à cette heure décisive pour l'avenir de la France.

La Résistance, quant à elle, doit faire face à ces engagements massifs de nouvelles recrues en termes de ravitaillement, d'hébergement, d'encadrement et de formation. En effet, dans le département, les forces passent de 700 à la veille du débarquement à 7500 à la Libération* ! Tout doit être prêt le moment venu et les combattants parés à agir efficacement.

* Source : Michel Chaumet (écoutez donc son témoignage sur Radio Gatine)

 

débarquement deux sèvres

Les hommes du maquis Fernand (implanté en pays Mellois) à l'été 1944
© Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes

Le débarquement : une rupture

Un plan d'action pour ralentir la progression de l'ennemi

Les évènements du 6 juin 1944 vont s'accompagner sur le territoire d'actions menées par la Résistance dans le cadre du plan d'insurrection générale : un plan prévu de longue date visant à planifier la destruction ou l'endommagement systématiques des principaux axes de communication sur tout le territoire. Son objectif ? Empêcher par tous les moyens le repli vers la Normandie des troupes allemandes stationnées dans le sud-ouest de la France. Voie de passage naturelle, sur cet itinéraire, le Poitou constitue à ce titre une région stratégique.

Actions menées par la Résistance Deux-Sévrienne

 

 

 

En appui des groupes locaux, ces missions permettent aux alliés d'évaluer les forces en présence et de leur fournir les armes nécessaires par le biais de parachutages. Le 14 juillet 1944 grâce à l'action de la mission "Samuel" s'effectue le parachutage de Chicheville qui permet la récupération de 8 tonnes d'armes. Premier d'une longue série, il est accueilli comme une bouffée d'oxygène par les combattants. Entre le 14 juillet et le 26 août ce sont pas moins de 80 tonnes d'armes qui tombent du ciel pour équiper les groupes deux-sévriens.

 

Le rôle de la Résistance régionale

Le débarquement en Normandie va mettre les forces de la Résistance en ébullition. Tous comprennent que le moment est venu de passer à l'attaque afin d'amorcer la libération. Rester les bras croisés à attendre l'ordre officiel de déclenchement de l'insurrection est insupportable. Bien que mal et peu armées, les troupes de l'Armée secrète et les Francs Tireurs Partisans multiplient les actions paramilitaires destinées à enrayer l'organisation de la défense allemande. C'est avec les moyens du bord qu'ils opèrent en effectuant des sabotages.

 

Menés de façon intensive, ils consistent par exemple à sectionner les fils téléphoniques ou les lignes électriques utiles à l'armée allemande. Subitement, ce sont des centaines de panneaux de signalisation, de bornes kilométriques qui disparaissent ou sont détruits en l'espace de quelques semaines. On abbat des arbres pour obstruer les routes, les voies de chemin de fer, et les virages sont semés d'éclats de verre, de clous et autres objets destinés aux pneus des convois allemands. Le peu d'armes et de munitions disponibles sont employées pour mener des embuscades aux petits convois allemands notamment le long de la nationale 10 Paris-Bordeaux. Les plus nombreux sont néanmoins les sabotages ferroviaires. 27 sont recensés entre le 26 juillet et le 13 août 1944, soit plus d'un par jour ! Parmi ceux-là, citons la destruction à l'explosif des réservoir d'eau destinés aux trains à vapeur au dépot de Saint-Maixent-l'Ecole, à La Mothe le 2 août ou encore le déboulonnage de rails qui provoque l'arrêt du trafic durant 3 jours entre Poitiers et Parthenay à la fin août.

 

sabotage de la résistance

 

Sabotage ferroviaire du groupe Guignard, nuit du 23 au 24 août 1944
© Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes

 

Ces actions engendrent des perturbations répétées et durables sur les réseaux et les liaisons téléphoniques. La Résistance joue à ce moment-là sa crédibilité en tant que véritable force paramilitaire organisée, face aux forces Alliés dont elle facilite la manoeuvre au nord.

 

Des résistants sans armes !

Cependant, si les actions menées se révèlent efficaces, le manque d'armes se fait cruellement sentir. En effet, les différents dépots d'armes récupérées notamment par l'Organisation Civile et Militaire durant les parachutages du printemps et de l'été 1943 ont été découverts par les Allemands lors des arrestations menées à l'été et l'automne de la même année. Le seul dépôt sauvé ne suffira pas à équiper les groupes clandestins. Impossible dans ces conditions de mener les attaques prévues contre les convois, les dépots de munitions allemands.

Des missions interalliées en renfort

C'est ici que va s'affirmer le rôle indispensable des missions interalliées déployées en Deux-Sèvres à partir de la mi-juillet 1944. Chargés de les appuyer dans leurs actions, les former à l'action et de les encadrer, leur objectif est de créer des poches libérées depuis lesquelles il sera possible d'attaquer les allemands. Trois missions sont envoyées en Poitou : la mission Jedburgh "Harold", la mission SAS "Dickens" et la mission SOE "Samuel" du réseau Shipwright.

En appui des groupes locaux, ces missions permettent aux alliés d'évaluer les forces en présence et de leur fournir les armes nécessaires par le biais de parachutages. Le 14 juillet 1944 grâce à l'action de la mission "Samuel" s'effectue le parachutage de Chicheville qui permet la récupération de 8 tonnes d'armes. Premier d'une longue série, il est accueilli comme une bouffée d'oxygène par les combattants. Entre le 14 juillet et le 26 août ce sont pas moins de 80 tonnes d'armes qui tombent du ciel pour équiper les groupes deux-sévriens.

sas du débarquement

 

Soldats SAS, Fête de la Libération, Thouars 6 septembre 1944
© Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes

 

L'heure H a sonné.

Dans la nuit du 13 au 14 août 1944, Edmond Proust "Chaumette" , chef de l'Armée secrète régionale, est confirmé chef départemental des Forces françaises de l'Intérieur (FFI) par le général Koenig, commandant en chef de l'état-major des FFI.

L'ordre déclenchant l'insurrection généralisée est lancé. Les actions se poursuivent dans la région et les attaques contre les troupes d'Occupation prennent de l'ampleur au fur et à mesure de l'armement des groupes FFI. Les armées allemandes, harcelées continuellement par les résistants appuyés des commandos alliés, sont en déroute et abandonnent leurs positions à la fin du mois d'août non sans causer destructions et représailles contre la population.

C'est dans la liesse que les Deux-Sèvres célèbrent leur liberté retrouvée, le 6 septembre 1944. Des défilés sont organisés dans plusieurs villes. La population arbore les couleurs nationales et des Alliés et assiste aux défilés.

 

libération 44

Fête de la Libération, Thénezay, septembre 1944
© Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres et des régions limitrophes
livre de Chaumet sur la résistanceA lire la nouvelle édition de Michel Chaumet 




Une nouvelle édition, entièrement réécrite et augmentée de nombreux documents inédits.

Quinze ans après la premire édition de cet ouvrage de référence, Michel Chaumet (chercheur à l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP-CNRS) et auteur de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale) a entirement retravaillé les textes, collecté de nouveaux documents (issus de fonds publics et privés) et trouvé de nouvelles informations inédites sur cette période dans le département

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