Current Size: 100%

Les artistes du Moyen-Âge

Caroline

Par Caroline

le mardi 23 juillet 2013

Voir les commentaires

  • Les artistes du Moyen-Âge

L’entrée des artistes aux XIV-XVème siècles

Il n'y a pas, durant le Moyen Âge, de distinction entre l'artiste et l'artisan - seul critère : "le travail bien fait".

On les qualifie alors de marchands/artisans/travailleurs manuels/artistes.

 

Comment donc définir l'artiste du Moyen-Âge ?

Une définition proche de l’artiste médiéval est fournie par le site du CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) :

"Artisan qui excelle dans son travail, qui a acquis une technique, une maîtrise d'exécution, un savoir-faire qui lui permet de reproduire habilement un modèle ou même d'en inventer de nouveaux."

 

Au Moyen Age se côtoient ainsi deux types d'artistes :

Des artisans / concepteurs sur commande

&

Des artisans / créateurs "libres penseurs"

 

L’artiste/artisan de Cour : un YMAGIER exécutant

peintre du moyen-age

 

 

Pour devenir artiste de cour, les candidats peuvent postuler en envoyant une lettre vantant leurs talents.

C'est ce qu'a fait Léonard de Vinci avec sa célèbre missive adressée en 1482 au duc de Milan, Ludovico il Moro.

Il peut aussi choisir d'offrir une œuvre dédicacée afin de se faire remarquer. Mais le plus souvent, l’initiative vient de la cour directement.

 

Le prince dispose ainsi d’artistes de cour, soit pour la réalisation ponctuelle d’une œuvre, soit à titre régulier dans le cadre du mécénat. Le créateur doit alors se plier aux exigences de son protecteur.

 

Anonyme du XIVè siècle

 

représentation come de medicis

 

Une autre acquisition de l'art

Nombre de princes se contentent de passer commande, de façon ponctuelle, à des artistes extérieurs à la cour. Ainsi, l’un des plus grands mécènes français du XVème siècle, le roi René, comte d’Anjou et de Provence (1409-1480), achète des œuvres d’art à Paris, en Flandre ou en Provence ainsi que dans les villes où il réside, Angers ou Aix, ou celles qui sont proches de ses domaines, comme Avignon.

 

Le prince peut aussi acquérir des œuvres par l’intermédiaire de grands marchands. C’est en particulier le cas des tentures, des tapisseries, qui ont un coût très élevé. Les célèbres Ferrare, Sforza Médicis s'en sont fait une spécialité, les achetant en Flandre et à Arras et les revendant avec un fort profit au cours italiennes.

 

Côme de Medicis

 

 

L'artisan de cour évolue au fil du temps

De simples exécutants, les peintres et portraitistes dits ymagiers ou pictors deviennent "de véritables partenaires, appréciés pour leur prouesse technique, pour leur imagination." (selon les mots d’Alain Erlande-Brandenburg).

Se découvrant un espace de liberté, les plus émérites acquièrent renommée et confort. Ils retransmettent alors leur maîtrise technique dans le cadre d’un apprentissage long et réglé.

Ils travaillent au sein d’un atelier (apprenti, compagnon, maître) légitimé par une corporation/guilde/hanse qui organise et définit la pratique, fixe les règles de la formation, arbitre les litiges éventuels, secourt les défavorisés, et garde le secret de fabrication.

 

De la richesse de la mobilité...

Les artistes de cour font rarement toute leur carrière auprès d’un unique mécène, allant de cour en cour. Ils fréquentent alors des créateurs venus de tous les horizons.

L’exemple de l’atelier de peinture dirigée par Matteo Giovannetti est une parfaite illustration de la circulation des artistes de cour. Il est composé de 15 peintres : 6 Italiens, 1 Allemand, 4 français du Midi, des Espagnols et des néerlandais.

On y retrouve divers arts mécaniques qualifiés d’arts serviles, parce que privilégiant l’habileté et le travail manuel ! :

Les peintres

  • Peintre « Monumental /Architectural »
  • Peintre de panneaux/ retables
  • Peintre portraitiste (essor fin du Moyen Age : Jean Fouquet)
  • Peintre du livre (enlumineurs, miniaturistes) : Riches heures du duc de Berry par les frères de Limbourg, le maître de Boucicaut

Les sculpteurs

  • Métal, pierre (essor des mises au tombeau, gisants, mobiliers civils tels coffres de mariage, etc…)

Les architectes

  • Petit palais, château d’apparat, etc

Les décorateurs

  • Liciers, tapissiers, fresquistes, stucateurs, mosaïstes, marqueteurs, doreurs, orfèvres, émailleurs, verriers, etc..

Un mélange international et une variété des disciplines qui enrichira les pratiques des uns et des autres !

 

L’artiste/Artisan de Rue : un artiste LIBRE

A l'origine des arts de la rue : l'Eglise !

enluminure saint cécile tiburce valérienAvant même l'époque médiévale, les divertissements de rue étaient courants (mimes, pantomimes, farces). Mais c'est au Moyen Âge que la rue devient un véritable lieu bouillonnant de vie, un espace de liberté et de créativité. Les curieux se rassemblent autour d'un jongleur, un musicien, de comédiens...

C'est l'église qui est à l'initiative des premières formes d’animations de rue : elle organise en pleine rue des représentations de scènes liturgiques, dans lesquelles les moines eux-mêmes jouent les comédiens, espérant ainsi se rapprocher du peuple en venant directement à sa rencontre.

A cette époque on célèbre la Fête des Fous (ou Fête de l’Âne). Cet ancêtre du carnaval était une célébration du désordre et du renversement des hiérarchies sociales. Parodique et grotesque, il permettait au peuple de lever les interdits et les tabous, et investissait l'espace public dans un rassemblement festif.

Saint Cécile, Tiburce et Valérien, manuscrit 1463, BNF

Vers la fin du Moyen Age, ces distractions devenant un moyen de plus en plus clair de contestations et de résurgences païennes, les interdictions se multiplient : désormais, les fêtes sont organisées et encadrées par les villes, renvoyant la population au simple rôle de spectateur. En réaction, les farces et les sotties se développent : lors des foires, un tréteau est souvent installé à l'improviste pour servir de scène.

 

L'artiste libre : illustre inconnu

Indépendant des commanditaires, affranchi des normes et conventions, il vient s’exprimer dans la rue et présente à travers ses performances une peinture critique de la société. Il dénonce les excès en tous genres d’une société en pleine mutation, ce qui lui vaut les représailles répétées des représentants de l’Ordre moral.

Ce qui fonde sa force et sa fragilité sociale, c’est son caractère itinérant. Exempté de certaines taxes, parce qu’il divertit le commun du peuple, il est accusé de réveiller les mauvais esprits. Maître dans l’art de l’éphémère, il ne peut rejoindre le panthéon des Grands artistes renommés et reste encore largement sur toute cette période de fin de Moyen Age anonyme et précaire voire discriminé… Et pourtant il joue un rôle social non négligeable.

Le métier d'artiste libre

Il vit au rythme des saisons, selon l’importance des fêtes religieuses : carnaval, charivari, fêtes des fous, la Saint Jean et se produit dans divers lieux d’animation : parvis des églises, foires, château, etc…

 

enluminure charivari

Un charivari, ville française au XIVème siècle

 

Contrairement à l'artiste de cour, on parle ici d’arts libéraux qui font appel à l’esprit !:

  • Musiciens/compositeurs/ bateleurs (Guillaume de Machaut)
  • Jongleurs acrobates
  • Comédiens
  • Marionnettistes
  • Fauconniers
  • Bouffons/trouvères/troubadours/magiciens
  • Chanteurs
  • Danseurs
  • Poètes

 

En 2013, le Chateau de Saint-Mesmin met l'artiste médiéval à l'honneur. Cet été, les salles du  chateau s'animent ainsi des spectacles et savoir-faire de ces artistes/artisans du Moyen-Âge. Retrouvez toutes les animations du chateau, jour par jour, sur le site internet.

musiciens devant chateau de saint mesmin

! Les 27 et 28 juillet : visite de Bonimenteurs au Chateau... Vous laisserez-vous convaincre par les pouvoirs "magiques" de leurs amulettes et autres talismans ???

 

Sources article:

  • Association ENTRESORTS, Véronique CAGLIARDI
  • François BRIZAY, Sophie CASSAGNES-BROUQUET, Le prince et les arts en France et en Italie (XIVe-XVIIIe siècle), Paris, Bréal, 2010.
  • Delphine JEANNOT, Le mécénat artistique de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière, duc et duchesse de Bourgogne (1404-1424)
  • Françoise JOUBERT, L’artiste et le commanditaire, aux derniers siècles du Moyen Age (XIII-XVIème siècles)
  • Alain ERLANDE BRANDENBURG, le sacre de l’artiste, la création du Moyen Age, XIV-XVème siècle.
ChâteauMoyen-âgeChâteau de Saint-MesminHistoireEn FamilleLe saviez vous ?

Commentaires Facebook

Les sites

Deux-sévres Tourisme