Current Size: 100%

J'ai rencontré un faux-monnayeur, en toute légalité aux Mines d'Argent de Melle

Persil

Par Persil

le lundi 18 août 2014

Voir les commentaires

  • J'ai rencontré un faux-monnayeur, en toute légalité aux Mines d'Argent de Melle

Au Mines d'Argent, à Melle

 

« Avec un denier, on pouvait acheter quinze kilos
de pain à l’époque... »

 

Frappe de monnaie au Mines d'Argent

 

D’un seul coup de marteau, mon « faux-monnayeur » grave des deux côtés la petite pièce de métal. S’il était authentique, ce « denier » devrait peser 1,6 g. Il est de la taille d’une pièce de deux centimes d’euro. Avec quatre deniers, on pouvait acheter un mouton… Avec celui-ci, je ne peux prétendre à rien, il est en étain, pas en argent. Heureusement, sinon mon guide serait un faussaire. La pièce qu’il me montre porte une inscription sur une face : « METALUM », la cité du métal. Sur l’autre face, l’effigie et le nom du fils de Charlemagne, Louis Ier. Pas étonnant, celui-ci avait exigé que l’atelier monétaire de Melle ait l’exclusivité de la production des pièces d’argent pour toute la « Grande Aquitaine ». Depuis de nombreuses années, le rayonnement de cette cité dépassait déjà les frontières du Sud-ouest, ses mines étaient célèbres dans tout l’empire de Charlemagne, de Maastricht à Rome, car elles produisaient du métal-argent pour l’ensemble des ateliers monétaires du souverain.

 

La ruée vers l'argent

Et pourtant, extraire l’argent n’était assurément pas une sinécure. Enchâssé dans la pierre calcaire du sol mellois, la « galène » est un minerai composé de trois éléments : 80 % de plomb, 20 % de souffre, et quelques traces d’argent (souvent moins de 0,5 %). Il fallait un sacré courage, et beaucoup de temps, pour récupérer le métal précieux. Entre l’an 600 et l’an 1000 (le haut Moyen-âge), une quarantaine de kilomètres de galeries furent creusés pour extraire cet argent, substitut de l’or désormais épuisé, pour la fabrication de la monnaie des rois francs. 

Nous pénétrons dans une galerie de 300 mètres, la seule accessible à Melle. En cette journée chaude de l’été, la fraicheur du site est un vrai bonheur. J’entends des bruits sourds qui proviennent du fonds de la mine. Instantanément, je « vois » les mineurs. Ils posent des bûchers pour faire éclater la pierre. La flamme lèche la paroi. L’air est irrespirable, la chaleur intenable, les mineurs s’enfuient, la fumée s’échappe par les conduits d’aération creusés dans l’épaisseur du calcaire. Ils reviennent, frappent à coups de masse la roche fragilisée. Des lambeaux tombent. Ils n’ont progressé que d’environ cinq centimètres. Ils vont recommencer. Un nouveau tas de bois est approché…

Mon guide me précise que l’activité des mines s’arrêta lorsqu’il n’y eut plus de forêts dans la région, tous les arbres ayant été abattus et brûlés. D’importantes quantités d’argent ont été extraites de ces quarante kilomètres de galerie, après plusieurs traitements métallurgiques que je garderai sous silence.

 

            Roche dans les galleries  GALLERIE  Roche dans les galleries

 

Beau et captivant 

 

Ce site est beau et captivant. Entre géologie, histoire de France, histoire locale et métallurgie, les Mines d’Argent des Rois Francs proposent plusieurs centres d’intérêt.

On ne peut le visiter qu’avec un guide. C’est une chance réelle. Sans lui, on ne verrait que des trous et des tas de cailloux... L’été, six visites guidées sont organisées chaque jour (deux en hiver). Si vous arrivez en avance, profitez-en pour admirer la prairie qui permet d’accéder à la galerie. Cette clairière protégée par la forêt est un écrin où se cachent des entrées de mines mystérieuses, des troncs d’arbres faussement déchiquetés et cette structure dont on se demande de prime abord s’il s’agit d’une cheminée pour géants, d’un derrick ou d’une soucoupe volante. Les propriétés hallucinogènes de la mandragore que j’ai vue dans le charmant petit jardin carolingien sont peut-être responsables de cette vision fugitive...

Ce lieu respire l’expérimentation. Diverses installations sont présentes pour permettre à des chercheurs de poursuivre leurs travaux d’exploration sur « les arts du feu ». Frustration. J’aurais tant aimé les voir en action. Pourquoi ne pas proposer la projection d’un film qui nous ferait découvrir leurs gestes, leurs étonnements et leurs questionnements ? Peut-on l’espérer pour l’année prochaine ?

 

Four

 

 

Charlie PERSIL

Les rencontres de Charlie

(2013 — 09)

Coordonnées des Mines d'Argent : Rue Pré du Gué, 79500 MELLE -- 05.49.29.19.54

Ne perdez pas une miette des autres rencontres de CharliePersil sur son profil auteur.

Plus d'informations sur les Mines d'Argent des Rois Francs.

Découvrez toutes les bonnes idées pour découvrir le territoire grâce à l'Office de Tourisme du Mellois.

Les gens d'iciA deuxAmbassadeur Deux-SèvresEn groupeEn soloA plusieurs famillesEntres amisEn FamilleLes rendez-vous de l'histoire

Commentaires Facebook

Les sites

Deux-sévres Tourisme