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J’ai découvert tant de beauté(s), près de la Brèche...

Persil

Par Persil

le mardi 21 avril 2015

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  • J’ai découvert tant de beauté(s), près de la Brèche...

Au musée d'Agesci à NIORT... et nouveauté, c'est gratuit le premier dimanche du mois !

" Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qui vous soit fait... "

 

Musée d'Agesci

 

« La Justice » me tend une balance. Elle m’interpelle. Je ne vois aucun glaive : la peinture de Bernard d’Agesci est sereine et paisible. De son vrai nom Augustin Bernard, il marqua Niort, au propre et au figuré. Second d’une famille de 18 enfants, il revint au pays en 1792 après un long périple d’apprentissage de la peinture et des arts qui le conduisit à la villa Médicis à Rome. Il fut peut-être le premier à développer le « culte des Beaux-Arts », jusqu’alors inconnu en Deux-Sèvres selon le fameux Préfet Dupin. Il créa la première bibliothèque publique de Niort, des musées, un théâtre, un jardin botanique, restaura des édifices publics et privés, et peignit de nombreux tableaux. Ce premier «développeur culturel» eut une influence considérable sur sa ville et il était bien légitime que celle-ci lui rende hommage en donnant son nom à son plus beau musée.

 

Un voyage en mille étapes

 

On me dit que je suis dans un ancien lycée de jeunes filles, le premier créé dans ce chef-lieu. La salle d’accueil est spacieuse et belle. Je ne sais pas bien ce que je vais découvrir, mais je sais déjà que la restauration du bâtiment est très réussie. Je monte à l’étage, sans guide ni documentation, un peu désorienté. Une collection d’objets religieux d’Europe m’accueille. Puis, ce sont de très belles pièces d’art islamique enchâssées dans un décor qui fait un clin d’œil à l’architecture arabe. Très réussi. Mon voyage continue.

Des peintures du XVIe au XVIIIe siècle enveloppent un splendide coffre du Poitou. J’arrive dans la salle consacrée à Bernard d’Agesci, les bas-reliefs qu’il a réalisés pour le théâtre protègent « l’Enlèvement d’Europe », la présentation est sobre et rigoureuse. À l’étage suivant, j’admire les œuvres du luthier, puis celles des orfèvres des Deux-Sèvres et je rencontre Prosper Jouneau, directeur de la fabrique de céramique de Parthenay et quelques-unes de ses magnifiques pièces fines ciselées.

Dans la salle contiguë, je reste cloué au sol, tête levée pour admirer le beau plafond de céramique.

 

Musée d'Agesci

 

Dans une salle voisine, c’est un nouveau choc : un splendide loriot, dans sa belle robe jaune et noire, me toise d’un regard hautain. Il surveille ses voisins canards et la grande outarde, l’oiseau géant. Ce diorama présente une foule de spécimens dans un décor évocateur de leur environnement.

 

Musée d'Agesci

 

Ma visite s’accélère. J’aperçois quelques restes de mammouth trouvés dans les fondations d’une église de Niort, de nombreuses pièces géologiques, des oiseaux marins, je croise la superbe danseuse Ouled Naïl de Pierre-Marie Poisson, un bronze doré élégant qui respire la féminité sensuelle, les tableaux gais et colorés d’Aristide Caillaud, le mobilier et les objets scolaires du conservatoire de l’éducation (je préfère l’ambiance plus chaude suscitée par la présentation qui en est faite au musée de la Tour Nivelle à Courlay) et je suis totalement dérouté par le dernier « cabinet de curiosités » qui présente un paresseux et un émeu, probablement pas découverts dans les travaux successifs de la place de la Brèche... !

 

Musée d'Agesci

 

Si tous les musées du monde...

J’ai l’impression que tous les musées du monde sont réunis ici... Pourquoi tant de diversité ? On a rassemblé tous les trésors retrouvés pour faire partager au plus grand nombre les plaisirs de collectionneurs divers. Assurément, ce musée généreux devrait plaire à tous les publics, tant il offre une palette large et toujours dans une présentation très élégante qui laisse deviner que cet établissement, ce qui est rare en Deux-Sèvres, a eu les moyens de ses ambitions. C’est le musée de la beauté, ou des beautés, depuis son architecture réinventée jusqu’à la dernière des pièces présentées. L’émotion esthétique est au rendez-vous. Pour autant, j’aurais souhaité être davantage accompagné, les explications sont rares ou très sobres. Le sens même de ce musée et son histoire ne sont pas présentés. Davantage de médiation et de pédagogie n’auraient pas nui.

À l’image de la boulimie créatrice de Bernard d’Agesci, on a voulu nous entrainer dans une longue déambulation au travers d’un bric-à-brac très ordonné où chacun peut « faire son marché » et se confronter aux œuvres d’art pour le plaisir des sens. Et au diable le risque d’overdose, le billet d’entrée pouvant donner accès au Donjon, je vous conseille de vous y rendre également, pour la vue sur la ville depuis la terrasse, pour ses belles salles, son docu-fiction original et sa collection de meubles du Poitou absolument exceptionnelle.

 

Donjon NIORT

 

Charlie PERSIL

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