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En Deux Sèvres, le jardin n'est pas effroyable mais se fait médiéval

Dame Marianne

Par Dame Marianne

le mercredi 31 mai 2017

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  • En Deux Sèvres, le jardin n'est pas effroyable mais se fait médiéval

Le département compte moult jardins, ici le parc des oiseaux du Marais poitevin, là le Parc de Mouton Village, là la Roseraie de Pompaire, ou encore l'arboretum Le Chemin de la Découverte à Melle, le Jardin de Riparfonds à Bressuire...

Tous aussi différents les uns que les autres, ici magnolias, chênes verts, orchidées... mais ceux qui intéressent Dame Marianne, pour cet article, sont bien évidemment ceux d’inspiration médiévale. Allons donc faire un tour à la découverte des senteurs, des couleurs et des saveurs que nous offrent ces splendeurs de la nature.

Ne manquez pas les 2, 3 et 4 juin le Rendez-vous au Jardin, voici les jardins qui attendent votre visite !

 

 

Les jardins se développent au Moyen-âge pour des questions vitales, comme se nourrir, en premier lieu mais aussi se soigner, puis au cours des siècles on vient y chercher, en sus, du plaisir des sens en se reposant ou en y pratiquant l’amour courtois. Le monde médiéval étant très lié à la religion, les jardins trouvent leurs références dans le jardin d’Eden.

 

jardin médicinal saint marc la lande

Jardin médicinal de Saint Marc la Lande

 

De forme carrée, ils sont divisés par des allées en forme de croix et comptent, la plupart du temps, un point d’eau en leur milieu. Ils sont en général clos par des plessis, tressages en osier, afin d’empêcher les visiteurs indésirables de toute nature de venir y faire ripailles. Ces mêmes plessis forment à l’intérieur du jardin un damier où chaque case renferme des végétaux possédant les mêmes caractéristiques. On retrouve aussi en terme de décorations, des treillis, des claies ou autres tonnelles.

 

Voyons donc comment se découpe ce fameux damier :

 

Le jardin potager ou "hortus" :

Les légumes ou « ortages » tels qu’on les nomme à l’époque constituent la base de l’alimentation des paysans. Point de tomate ou pomme de terre mais de grandes variétés de végétaux aujourd’hui bien méconnus, voir même disparus ou qui refont surface sous le nom de légumes oubliés.

On les retrouve dans plusieurs catégories : 

  • Les herbes et racines de pot : On les fait cuire longuement afin d’en obtenir une sorte de soupe : chou et chou-rave, chervis, maceron, panais, carotte, mauve, laitue, chicorée, cardon, bardane, roquette, fenugrec...
  • Les herbes et racines de porée : transformées en un genre de purée : poireau, cresson,
    arroche, bette, épinards...
  • Les racines du pauvre : condiments incontournables de l’alimentation populaire grâce à leur facilité de culture : ail, oignon, raifort...
  •  Les légumes secs : ils tiennent une très grande place sur les tables médiévales : fèves, pois, pois chiche, mogettes...
  • Les cucurbitacées : qui n’ont alors pas le même aspect que de nos jours : gourde ou courge, coloquinte, concombre...

 

Le jardin des herbes ou "herbularius" : 

On y cultive sans distinction les plantes utilisées en cuisine aussi bien que les « simples » aux vertus médicinales.

Voici les différentes familles que l’on y trouve :

  • Les liliacées : Appellées aussi plantes à bulbes comme l'échalote, la ciboule et la ciboulette, la scille...
  • Les labiées : plantes essentiellement médicinales et condimentaires : sauge, menthe, cataire, romarin, hysope, sarriette, dictame de Crète, mélisse, marrube, marjolaine, thym, basilic, bétoine...
     
  • Les composées aux qualités décoratives : aurone, armoise, absinthe, estragon, souci, achillée millefeuille, tanaisie, menthe-coq, benoite...
     
  • Les apiacées aux fleurs regroupées en ombrelles : persil, cerfeuil, coriandre, céleri, livèche, fenouil, aneth, carvi, anis, ammi...
     
  • Les boriginacées hérissées de poils : bourrache, consoude, buglosse...
     
  • Les crucifères : que l’on trouve pour la moutarde.
     
  • Les autres familles, moins représentées, qui comportent les plantes suivantes : aigremoine, rue, épurge, arum dragon, verveine, bouillon blanc ou molène, valériane...

 

On laisse aussi parfois la place, au sein de cet herbularius, à un carré de plantes tinctoriales et textiles, qui en plus de leur utilité offrent un réel enchantement pour les yeux. Ces plantes sont les suivantes : le lin dont les fibres sont transformées en tissu, le crocus, la gaude et le carthame qui donnent différentes teintes de jaune, la garance utilisée pour le rouge et le pastel pour le bleu.

 

Le Bouillon Blanc

Le Bouillon Blanc

 

Le verger ou "vividiarum" :

Là encore, on ne peut que penser aux arbres du jardin d’Eden que sont l’arbre de vie et l’arbre du savoir, d’où l’importance du verger pour l’homme du Moyen-âge, en sus du côté nourricier et environnemental.

Le verger est l’endroit où les moines décident de confier leur dernier repos et où les amoureux se livrent à leurs échanges courtois. Les arbres qui y sont plantés se rapprochent plus des arbres qui poussent à l’état sauvage à l’heure actuelle : pommier, poirier, sorbier, cognassier, néflier, cerisier, prunier, pêcher, amandier, figuier, châtaigner, coudrier ou noisetier, noyer, laurier, buis qui ceint les carrés de plantes, vigne.

 

 

Au milieu de tous ces espaces bien définis poussent des fleurs aux multiples usages : culinaire, ornemental ou médical. Ainsi se côtoient les symboles de la Vierge ou de l’amour et ceux de la mort : la rose, reine indispensable du jardin, le lis, fleur de la Vierge et des rois, la digitale, le millepertuis, l’iris, le glaïeul, le narcisse, la joubarbe, la pivoine, l’acanthe, la violette, la giroflée, l’œillet, le silène, l’ancolie, le muguet, la guimauve, la rose trémière, la nigelle de Damas, le pavot et enfin les maléfiques datura, jusquiame et belladone.

Si vous faites bien attention, vous apercevrez peut-être des plantes mythiques aux qualités magiques, comme la très célèbre et non moins dangereuse mandragore ou les très mystérieux arbres aux agneaux et arbre aux oies.

 

J’espère que si tout cela ne vous a point donné l’eau à la bouche, cela vous aura au moins donné l’envie d’aller rendre hommage à Saint-Fiacre, patron des jardiniers, en allant visiter un ou plusieurs de ces fabuleux endroits qui ponctuent notre département des Deux Sèvres et qui préservent ce patrimoine naturel :

  • Le jardin du château de la Guyonnière à Beaulieu sous Parthenay
  • Le jardin du Vieux Beaurepaire à Bressuire
  • Le jardin carolingien des Mines d'Argent à Melle
  • Le jardin des plantes médicinales et le verger de la Commanderie des Antonins  à Saint Marc la Lande
  • Le jardin Férolle du quartier de Saint-Jacques à Parthenay 
  • Le jardin du château de Saint Mesmin, à Saint André sur Sèvre

 

Bonne visite et que tous vos sens soient en éveil ! 

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