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En batai dans le Marais poitevin

Laurent

Par Laurent

le samedi 07 mai 2016

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  • En batai dans le Marais poitevin

En batai dans le Marais

Aux premiers jours du printemps, le batelier Gaëtan me fait découvrir la flore et la faune du Marais poitevin aux environs de La Garette.

 

Retour dans le Marais poitevin pour une balade matinale en barque à La Garette, village situé à quelques kilomètres de Coulon. En cette mi-avril, la nature se couvre des premiers signes du printemps. Avec Gaëtan, batelier à l’embarcadère des Frênes, je pars pour une heure et demie de calme et de nature. La rosée est bien visible sur les herbes et les oiseaux nous accompagnent joyeusement.

 

Le batai (patois local pour bateau) est une longue barque carrée à l’avant et pointue à l’arrière. Cela évite de s’encastrer dans la vase et permet de débarquer les chargements par l’avant.

 

marais poitevin pigouille guide

Gaëtan et sa pigouille, perche en bois qu'il est fier de fabriquer

 

Intarissable, mon guide me parle de l’histoire, de la faune et de la flore du Marais poitevin. Il apprécie de faire partager son savoir et son amour du lieu. Pour lui, c’est sa construction (à partir du Xe siècle) qui rend le Marais unique.

« Ce qui ressort pas dans la communication, c’est que tout est créé par l’homme.»

Gaëtan apprécie d’emmener les gens dans des endroits où il n’y a personne. Il me montre la diversité des paysages. Le début du parcours emprunte de grands canaux calmes aux abords dégagés et entretenus.

 

grand canaux marais poitevin La Garette

Grands canaux

 

 

marais poitevin reflets eau

Reflets saisissants des arbres sur l'eau.

 

Mon batelier veut surtout me montrer la partie sauvage du marais. Dans certaines « conches » (petits canaux étroits), la hauteur d’eau est faible, la barque touche le fond et il doit la libérer. De folles branches nous frôlent.

« En plein été, c’est l’Amazonie. Une cathédrale de verdure.»


marais poitevin branchages

Branches sauvages enchevêtrées

 

marais poitevin tunnel vegetal

Un tunnel végétal


Une flore typique

Les arbres sont principalement des frênes « têtards » (dont la tête est régulièrement coupée, ce qui leur donne leur apparence si singulière). Ils sont surtout utilisés pour le chauffage. Dans les zones d’élevage comme ici, les têtes sont coupées à 1,50 ou 2 m pour que les vaches ne mangent pas les pousses. Dans d’autres endroits où il y a peu d’animaux, elles sont coupées à un mètre. Ils délimitent les terres et voies d’eau et leurs racines stabilisent la terre. « Faire le bois » est un vrai travail dans ces parcelles accessibles seulement par bateau.

 

Marais poitevin frênes tétards

Une rangée de frênes "têtards"


marais poitevin frênes peupliers

Frênes taillés et peupliers.

 

Plus hauts, les peupliers sont également nombreux. Pourtant, pour mon guide, le vrai arbre du Marais, c’est l’aulne car il a besoin d’eau.

Les plus petites parcelles servaient à faire la mogette, un haricot blanc, qui faisait vivre les gens. L’angélique sauvage, plante fibreuse aux vertus médicinales est également utilisée dans la gastronomie maraîchine.

 

marais poitevin iris jaunes

Bientôt fleuriront des iris jaunes. Au premier plan, un jeune arbre protégé des animaux.

 

marais poitevin condamine des pres

La condamine des prés, qui attire les papillons.

 

Une faune sauvage et discrète

Parmi les animaux sauvages, les chevreuils sont très présents dans cette zone. Debout, Gaëtan en aperçoit un avant qu’il se sauve. Je l’ai seulement entendu.

« On a la sensation de faire partie de l’environnement qui nous entoure. »

On verra cependant plusieurs ragondins. On entend aussi des canards semi-sauvages qui n’hésitent pas à s’approcher des maisons. Les loutres, écrevisses, libellules vivent également dans le Marais. Cela prouve que l’eau est saine.

 

marais poitevin canard grenouilles mare

Canards au bord d'une mare aux grenouilles.

 

Parmi les oiseaux, on trouve des hérons cendrés et des hérons pourprés. Ce dernier est un migrateur. Arrivé il y a une dizaine de jours, il est beaucoup plus rare. On entend aussi le loriot d’Europe. Il vient d’arriver et Gaëtan l’entend pour la première fois. Les martin-pêcheurs sont nombreux.

En cette saison, les seuls animaux d’élevage sont des vaches marron. Elles font partie d’une politique d’entretien du Marais et de remise en état des parcelles.

 

marais poitevin vaches salers charolais

Vaches Salers croisées Charolais. La race maraîchine traditionnelle a quasiment disparu.

 

Gaëtan Rogeon, 39 ans, arrivé à La Garette en 2000, travaille depuis 11 ans aux Frênes. Il a beaucoup lu pour connaître et comprendre le Marais. Avec le temps, il s’est fait apprécier par les gens du village. « Je me sens chez moi », dit-il. Hors saison, il sert de guide, notamment pour les clients des gîtes et chambres d’hôtes. En plein été, il gère les huit bateliers et notamment les quelques mois de formation des nouveaux.

Gaëtan a énormément de choses à montrer et à raconter aux touristes sur la nature et l’histoire du Marais. Et son collègue Luis, propose même d’y passer la nuit.

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